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La panne électorale

Les élections présidentielles de 2007 approchent à grand pas puisque le premier tour aura lieu le dimanche 22 avril.

Après avoir attendu des années de pouvoir exprimer mon opinion à travers l'épreuve du scrutin, après avoir obtenu ma carte d'électeur début 2004 et voté successivement aux élections régionales françaises et aux législatives européennes, après avoir exprimé mon choix pour la constitution européenne, je m'apprête à élire pour la première fois un président de la république.

Mais alors que j'arrive enfin à cette étape importante pour le citoyen que je suis, un constat s'impose à moi:

-Je ne ressentirais aucun plaisir, aucune fierté et aucun espoir en déposant mon bulletin dans l'urne.

 

Cette affirmation est peut-être trop alarmiste et manque certainement d’une certaine retenue mais force m’est de constater que ma vision enfantine de la politique s’est effritée au fur et à mesure que mon expérience grandissait.

 

J’ai commencé à réellement m’intéresser à la politique à l’époque de la dissolution, lorsque j’étais à peu près en âge de comprendre quelque chose, même si pas mal de notions m’échappaient alors. Aujourd’hui, je suis loin de tout comprendre mais j’ai acquis un certain bagage entre mes cours d’économie au lycée ainsi qu’au cours de mes études supérieures et ma première année de droit à la fac. J’ai ainsi appris ce que pensent les libéraux, les keynésiens, les marxistes et toute la clique des économistes à travers les siècles. Toutes ces choses qui, je pense, devraient être apprises par tous les gens à qui on donne le droit de vote. Bien sûr, quelques connaissances en histoire contemporaine et d’instruction civique me paraissent indispensables à une prise de décision censée.

Et bien entendu, je ne dis pas que ceux qui ne sont pas d’accord avec moi ont tort, je dis seulement qu’il vaut mieux savoir de quoi on parle et prendre une décision qui s’appuie sur des arguments solides quand on choisit son (sa/ ses) représentant(e/s).

A 2 mois du scrutin, les principaux partis du paysages politique rechignent à proposer à leurs électeur un programme général pour la France et se contente de faire une promesse à chaque catégorie d’individus qu’ils croisent au cours de leurs pérégrinations à travers la France. Les gros candidats disent tout et son contraire, se tirent dans les pattes sur des questions de forme et non de fond (pour ceux qui en ont). Il y a aussi ceux qui ont une vision dépassée du monde et ceux qui ont la conscience politique d’un enfant de 8 ans (c’est plein de bons sentiments un enfant à 8 an mais ça n’a pas le sens des réalités). Les candidats ne s’expriment pas sur leurs programmes mais sur des idées bien vagues comme « je suis pour la réduction du chômage » ou « je suis contre les discriminations ». Ils sont bien gentils mais on aimerait bien savoir comment ils comptent diriger le pays et régler ses problèmes.

On a bien sûr droit aux classiques échanges de responsabilités. Ainsi, comme depuis des années, les uns prétendent que ce sont les autres qui ont mis le pays dans la mouise mais tous s’accordent à dire que « tout s’arrangera avec le retour de la croissance ». Encore faudrait-il que la moitié d’entre eux comprennent que la croissance, ça se provoque.

Le jeu politique est devenu un simple concours de celui qui obtiendra le plus de voix, avec un objectif à court terme (remporter les élections) et un objectif à long terme : (remporter les élections suivantes). Le problème, c’est que la plupart en oublie que le rôle des politiciens est de s’occuper de la France et non de leur parti. Mais les hommes et femmes politiques ne sont pas seuls responsables de la situation.

Les Français aussi ont un rôle à tenir dans le jeu politique. Ils doivent sanctionner en bien ou en mal leurs représentants par les votes et les comportements citoyens. Malheureusement, les clichés véhiculés par les milieux sociaux, les opinions des parents et les « personnalités engagées » ont une influence importante sur les croyances populaires. La plus grosse étant bien entendu que les gens de gauche soient plus humanistes que les gens de droite qui eux, sont plus forts en économie. (soit dit en passant, notre président actuel serait considéré comme un homme de gauche dans la plupart des pays occidentaux, ce qui relativise cette notion de gauche/droite). Quand à l’extrême gauche, ils sont pour l’appauvrissement des riches au profit des pauvres (peu importe la raison de la situation de chacun) tandis que l’extrême droite a pour fond de commerce la défense des intérêts des bons français selon cette bonne vieille logique du siècle dernier (bien sûr, la seule cause de tous nos problèmes est l’immigration).

Parfois, j’ai l’impression que pour adhérer aux idées d’un parti, ça fonctionne comme avec les téléphones. On nous demande de nous abonner à un pack contenant toutes les idées auxquelles ils veulent qu'on adhère et on doit être d'accord avec tout et réciter les leçons par coeur. (ceux qui connaissent des gens « cartés » savent que c’est vraiment comme ça que ça se passe) Et de chaque côté, les partis « politiques » jouent ce jeu comme s’ils avaient une spécialité, une « plus-value » par rapport à leurs adversaires. Ce qui confirme cette idée de gestion d’entreprise plus que d’une démarche citoyenne.

S’ajoutent à cela, les personnalités influentes qui s’expriment à la télévision pour « éveiller les consciences » en exprimant leurs opinions, en vertu de leur notoriété. En quoi un acteur, chanteur ou footballeur comprend mieux la politique qu’un français lambda, je ne sais pas. Toujours est-il qu’on leur donne un espace d’expression qu’ils ne méritent pas selon moi. Enfin, quand ils savent de quoi ils parlent, je trouve leurs interventions très intéressantes mais rien n’est plus énervant qu’un homme ou une femme qui donne des leçons aux téléspectateurs, auditeurs et lecteurs alors qu’ils ne maîtrisent pas les données des problèmes dont ils parlent. Et c’est ce qui arrive le plus souvent. Au final, ces individus influencent les gens qui n’ont pas le recul ou l’éducation nécessaire alors que leur argumentation ne se base sur rien de solide (sinon les bons sentiments).

Ce qui nous amène au rôle des médias. Je ne sais pas si vous avez ce sentiment mais j’ai remarqué que les médias, le lendemain d’une déclaration potentiellement marquante portent des affirmations sur son impact dans la campagne alors qu’il est évident qu’une analyse sérieuse ne peut être faite pendant la nuit. Ce genre de procédé pseudo-journalistique est récurrent, s’additionnant avec les sondages à la fiabilité plus que douteuse et des analystes éloignées de la réalité du terrain. Comment peut-on prétendre expliquer les comportements d’une catégorie de la population quand on ne connaît pas ses habitudes de consommations, ses centres d’intérêt ou ses préoccupation principales ? (même si chaque individu est différent, une connaissance de ces sujets donne toujours une meilleure idée que de ne rien savoir). Il existe un vrai déficit à ce niveau là.

Autre problème, les choix éditoriaux des journaux télévisés et émissions politiques. En effet, les journalistes de ces programmes dénoncent la « peoplisation » de la politique et regrettent que les personnalités politiques ne s’expriment pas assez sur le fond. Voila une bien belle preuve d’hypocrisie car enfin, qui sert de support à ces écarts, qui relaie ce genre d’information en leur donnant de l’importance ? Qui peut poser les questions qui font débat, qui peuvent mettre les dirigeants face à leurs responsabilités ? Ce sont bien eux. Mais ils préfèrent parler de Doc Gyneco qui est pour Sarkozy et de Jamel Debouze qui est pour Royal.Avouez que tout cela, c’est bien plus important que d’échanger des idées sur l’avenir de la nation…

Bon, je m’arrête là, sinon, je vais finir par écrire un livre (et il y a matière) en m’excusant pour le manque de structure dans le discours.

Je conclurais en disant qu’aujourd’hui, nous sommes beaucoup à déposer un bulletin par défaut, contre quelqu’un ou tout du moins pour le moins pire alors qu’il serait tellement plus agréable de voter POUR quelqu’un.

Peut-être la médiocrité de cette élection présidentielle fera avancer les choses mais j’en doute. On voit bien que l’avertissement de 2002 (aucun candidat à plus de 20%, Le Pen au second tour) n’aura finalement pas servi à grand-chose sinon à limiter les candidatures. Wait and see...

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